Il y a moins de trente années, le diagnostic
d’une
leucémie lymphoïde
chronique ou d’une
maladie de Waldenström avait la
signification pronostique d‘une maladie à évolution
inexorable vers la mort.
La ou les chimiothérapies étaient encore
peu efficaces et souvent mal tolérées.
La rapidité dans le diagnostic lié aux
progrès des explorations, par leur précision,
leur efficacité, leur disponibilité a
permis de raccourcir le délai entre l’apparition
des premiers symptômes et la mise en route des
traitements.
Dans bien des cas, l’évolution de la maladie
sera enrayée et elle évoluera vers la
guérison ou prendra l’allure d’une
affection quasi chronique.
On peut discerner plusieurs phases successives dans
son histoire :
1. La première est celle qui permet de suspecter
sa présence : “Phase de suspicion ou
de présomption.”
C’est ce qui amène une personne à consulter
un médecin :
Tantôt, ce sont des symptômes ressentis
par le malade : apparition d’une tuméfaction
anormale, sudations nocturnes, fatigue anormale,
saignements divers, anémie, etc. Les symptômes
sont d’une grande diversité, selon les
formes de la maladie.
Parfois, ce sont les signes cliniques constatés
par un médecin lors de l’examen pratiqué pour
des motifs les plus divers : médecin traitant
consulté pour une affection d’allure
banale, médecin du travail, médecin
scolaire, demande de certificat médical, etc.
Enfin, ce peut être à la suite d’un
dépistage, soit collectif ou d'une population
déterminée, soit d’un dépistage
individuel (Examen pré-opératoire par exemple).
2. La
seconde phase ou “Phase diagnostique” correspond à la
réalisation d’examens divers, permettant
d’affirmer que les symptômes ou signes
sont bien en rapport avec une leucémie lymphoïde
chronique ou une maladie de Waldenström. Il s'agit essentiellment d'examens
biologiques, d'examens d’Imagerie médicale
(Radiographie, Echographie, Scanner), etc.
Parfois il est nécessaire d’effectuer
le prélèvement d’un fragment
de la tuméfaction (biopsie) pour analyse au
laboratoire de cyto-pathologie afin d’affirmer
le diagnostic et d’en préciser les caractères,
utiles pour orienter le ou les traitements.
3. La troisième phase ou “Phase
de bilan”, consiste à rechercher l’extension
de la maladie (localement et à distance), à s’assurer
de l’absence ou l’existence d’autres
affections ou handicaps chez la personne, afin de
déterminer la tolérance aux traitements
qui pourront être conseillés.
4. La quatrième phase ou “Phase de
décision thérapeutique” sera
celle du ou des traitements spécifiques les
mieux adaptés à la personne selon son
l’âge, l’existence ou non d’affections
associées ou des particularités de
la maladie.
Par la suite, l’évolution, la tolérance
aux traitements, la survenue éventuelle de
complications, détermineront une adaptation
ou une modification des thérapeutiques initialement
proposées.
Cette phase des traitements oncologiques à visée
curative peut aboutir à une sédation
des symptômes ou leur totale disparition. Sa
durée dépend du ou des protocoles utilisés.
5. Dans les cas d’évolution favorable,
la phase suivante est appelée “Phase
de rémission”.
C’est la période durant laquelle des
traitements d’entretien, pourront ou devront être
suivis. Des bilans à intervalles variables
seront pratiqués pour s’assurer du caractère
toujours favorable de l’évolution.
6. Lorsque l’évolution ne suit pas
le cours favorable escompté ou espéré,
elle conduit à la « Phase
de soins palliatifs ».
Celle-ci comporte des traitements adaptés à cette
situation nouvelle, destinés à limiter
les conséquences ou complications survenues
et à soulager le patient.