Au cours de l’évolution de la leucémie
lymphoïde chronique ou de la
maladie de Waldenström
et du parcours de soins, des incidents imprévus
ou des situations non prévisibles sont susceptibles
de survenir.
Elles entraînent le doute sur le déroulement
espéré.
Malades et proches s’interrogent alors sur l’efficacité des
traitements en cours et poursuivis. D’autant
que la presse publique, les différentes revues
spécialisées, les sites Internet font
mention de « découvertes » de nouvelles
molécules, d’associations médicamenteuses
aux effets remarquables, ou simplement à une
amélioration de la tolérance aux différents
traitements, jusque là mal supportés.
Chacun songe alors aux progrès incessants de
la recherche médicale, avec l’espoir qu’une
publication récente se rapportera à sa
situation personnelle, celle de son parent ou ami et
permettra d’améliorer la tolérance
aux traitements, d’accroître leur efficacité ou
fera état d’une découverte innovante
bouleversant l’évolution et le pronostic.
Il faut savoir que la mise au point de médicaments
contre le cancer et ses diverses formes suit un processus
qui dure généralement plusieurs années
et évolue en quatre phases successives.
Phase I : Elle est engagée après
la recherche pré-clinique chez l’animal.
Elle consiste à évaluer la tolérance
du nouveau médicament, sa tolérance
par l’organisme, de fixer les doses utiles
et nécessaires pour son efficacité.
Le traitement est essayé chez 10 à 40
malades volontaires.
Phase II : administrée chez 40 à 80
malades atteints de la même forme de maladie,
l’évaluation observe et mesure l’efficacité du
traitement.
Phase III : Elle porte sur des essais comparatifs
pour contrôler l’efficacité de
ce nouveau traitement par rapport aux traitements
standards ou de référence. Deux groupes
de malades homogènes et comparables (age,
sexe, type et caractères de la maladie, etc….)
sont constitués. L’un des groupes reçoit
le traitement classique, l’autre le traitement
en cours d’évaluation. L’inclusion
dans l’un ou l’autre groupe de malades
est faite par tirage au sort et non par le choix
d’un médecin ou d’un autre professionnel
de santé. Ces essais thérapeutiques
portent sur plusieurs centaines de malades et peuvent
durer d’une année à cinq ans.
Le but est de prouver le rôle et l’efficacité du
nouveau traitement et de constituer un dossier d’enregistrement
destiné aux Autorités de santé en
vue de la Mise sur le Marché (AMM).
Phase IV : après commercialisation. Toute
prescription ou utilisation qui paraîtrait
entraîner des effets inattendus ou anormaux
doit faire l’objet d’une déclaration à l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire
des Produits de Santé).
La différence entre essai clinique et essai
thérapeutique consiste pour le premier à promouvoir
l’utilisation de nouvelles techniques de surveillance
médicale, d’aide au diagnostic, de moyens
d’administration de médicaments, etc.
Les essais thérapeutiques, pour leur part, ont pour but de
mettre au point de nouvelles associations médicamenteuses
(doses, ordre de succession des administrations,
modes d’emploi, etc.) ou bien d’utiliser
de nouvelles molécules dont les utilisations
au laboratoire ou chez l’animal (souris, rat,
mammifères) ont montré le rôle
ou la capacité à limiter ou arrêter
la croissance cellulaire d’un type déterminé de
cancer.
La participation d’une personne à un
essai thérapeutique comporte des garanties
pour la sécurité du malade. La recherche
biomédicale a été encadrée
par la Loi dite Huriet-Serusclat de 1988, modifiée
par la loi de santé publique N°2004-806
du 9 août 2004, introduite dans le code de
santé publique (Articles L 1122-1 et 2).
L’essai clinique est dirigé par un médecin
dénommé investigateur. Il est le responsable
d’une équipe clinique qui comprend plusieurs
personnes (infirmier (ère), attaché(e)
de la recherche clinique (ARC), psychologue en cas
de besoin.
A noter que le médecin traitant est mis au
courant des modalités du but d’essai
clinique et qu’il est informé des résultats
de l’essai chez son malade.
Deux documents obligatoires doivent être communiqués
(et éventuellement signés) par le patient
: la notice d’information et le formulaire
de consentement éclairé.
Toute personne est libre d’accepter ou de quitter à tout
moment l’essai clinique. Tout mineur a le droit
(malgré l’accord de ses parents) de
refuser d’y participer.
Deux organismes de contrôle sont chargés
de donner leur accord sur le protocole de l’essai
: le Comité de Protection des Personnes (CPP)
et l’Agence Française de la Sécurité Sanitaire
des Produits de Santé (AFSSAPS).