Rubrique réalisée en partenariat avec la Société Française de Greffe de Moelle et de Thérapie Cellulaire (SFGM-TC).
Sur la base des résultats de certains examens et d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), le médecin et l’équipe médicale vous ont proposé une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (allo-CSH), car celle-ci est susceptible de vous donner de meilleures chances de guérison que les autres traitements.
Il peut s’agir d’une greffe de moelle osseuse (cellules souches médullaires), d’une greffe de cellules souches périphériques (cellules souches sanguines) ou encore d’une greffe de sang placentaire (appelé aussi sang de cordon). Toutes sont regroupées sous le nom de greffe de cellules souches hématopoïétiques, grâce à un donneur dont il faut souligner qu’aucune caractéristique physique n’est transmise par la greffe. Il y aura simplement un changement de groupe sanguin uniquement en cas de différence de groupe entre donneur et receveur.
Les explications suivantes vous permettront de mieux comprendre ce qu’est la greffe et ses effets tant pour le receveur que pour le donneur, car votre accord formel à cette proposition thérapeutique est indispensable.
En effet, il faut savoir que la greffe n’est pas un acte anodin : elle peut avoir des complications qui entraînent le décès.
Ceci change la perspective de la décision : avant la greffe le risque essentiel est lié à l’évolution de la maladie hématologique alors que le risque lié à la greffe est en lui-même important.
Quel est le rôle de la moelle osseuse ?
La moelle osseuse se trouve dans la partie creuse des os longs et dans les os du bassin. Elle contient des milliards de cellules souches qui se divisent activement et se différencient pour donner les différentes cellules qui composent le sang.
Le greffon va remplacer votre moelle mais aussi votre système hématopoïétique.
Le système HLA
Toutes les cellules de votre corps portent à leur surface des molécules spécifiques, appelées antigènes leucocytaires humains (HLA). L’ensemble de ces molécules, spécifiques d’une personne, détermine le typage HLA c'est-à-dire l’identité de ses cellules, y compris celles des cellules souches et par conséquent la compatibilité entre le donneur et le receveur d’une greffe. Ceci est réalisé par une analyse de sang.
Il est important que les typages HLA du donneur et du receveur soient le plus proche possibles pour éviter que les molécules HLA du donneur soient reconnues comme étrangères par les lymphocytes de votre organisme et réciproquement. En effet votre système HLA identifie le système HLA de votre donneur (condition nécessaire pour le succès de la greffe), et inversement le système HLA de votre donneur identifie votre système HLA.
Le principe de la greffe de moelle est simple mais sa réalisation est subtile car elle doit prendre en compte le receveur (la personne malade), le donneur (personne en bonne santé, HLA compatible) et enfin le greffon provenant soit de cellules souches de la moelle osseuse, soit de cellules souches du sang périphérique, soit de sang placentaire.
Préparation à la greffe
Préparation du donneur
Le don est un acte gratuit.
Le donneur qu’il soit apparenté ou non, toujours bénévole, bénéficie d’un bilan pré-don pour vérifier que le prélèvement ne fait courir aucun risque prévisible et pour s’assurer qu’il n’y ait pas de contre-indication ni pour lui ni pour le receveur.
Prélèvement de moelle osseuse : de quoi s’agit-il et quels désagréments?
Prélèvement de sang périphérique : de quoi s’agit-il et quels désagréments?
Greffe à partir de sang de cordon : de quoi s’agit-il ?
Préparation du receveur
Parce que la compatibilité entre vous et le donneur n’est jamais totale, il faut préparer votre organisme à accepter le greffon dans les meilleures conditions possibles : c’est le conditionnement dont les modalités seront expliquées par l’équipe soignante.
L’objectif du conditionnement est de favoriser la prise de la greffe en détruisant plus ou moins complètement votre système immunitaire (immunodépression). Pour cela, compte tenu de votre âge, de votre état général, du type de leucémie, du type de greffon, on utilise une ou plusieurs techniques (chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie).
Ceci se réalise en secteur protégé (ou chambre stérile) pour réduire les risques d’infections à virus, bactéries ou champignons.
Conditionnement myéloblastique ou conditionnement standard
La moelle « malade » est détruite par chimiothérapie et/ou radiothérapie, pour être remplacée par la moelle saine du donneur.
Conditionnement non-myéloablatif ou conditionnement atténué
Dans ce cas la préparation, moins agressive, a des effets affaiblis. Cela est plus indiqué pour les personnes qui ne pourraient pas supporter un conditionnement myéloblastique standard.
Conditionnement immunothérapique
Il agit essentiellement par un sérum anti-lymphocytaire aux effets immunosuppresseurs.
Puis la greffe (la transfusion de cellules souches) est réalisée en secteur protégé, 24h à 48h après la fin du conditionnement.
Selon l'intensité du conditionnement, des complications habituellement transitoires et réversibles peuvent survenir de façon plus au moins importante jusqu’à la reconstitution immunologique et sanguine durable de l’organisme :
L’aplasie médullaire :
Suite au conditionnement, la moelle est dans l’incapacité transitoire de produire des cellules sanguines.
La mucite :
C’est une inflammation des muqueuses de la bouche et de la gorge rendant la déglutition douloureuse, l’alimentation difficile et nécessitant parfois une alimentation par sonde.
La chute des cheveux mais aussi parfois des cils, des sourcils et des poils pubiens se résout spontanément en deux mois environ.
Les réactions immunologiques post-greffe
La GVH : c’est la réaction du greffon contre l'hôte.
Elle est liée à l'action des cellules immunitaires (lymphocytesT) contenues dans le greffon contre certains organes du patient (notamment la peau, le foie et le tube digestif).
Bien qu'un traitement adapté puisse prévenir ou traiter ces complications, chacune d'elle présente un risque d'évolution défavorable. Il existe deux types de GVH :
la GVH aiguë survenant dans les 3 premiers mois suivant la greffe.
la GVH chronique survenant après plus de 3 mois et nécessitant des traitements prolongés.
les infections bactériennes, fungiques, virales
Elles sont liées à l'immunodépression nécessaire à la greffe et impliquent des prises en charges spécifiques
la non prise hématopoïétique ou rejet secondaire
Généralement rare, elle est le reflet du conflit immunitaire et peut survenir précocement ou de façon retardée mais un traitement est souvent possible.
les rechutes
Elles peuvent intervenir même lorsque les indications de greffe ont été bien posées en raison de facteurs de gravité de la leucémie causale.
Mon médecin m'a parlé d'une revaccination après la greffe, est-ce nécessaire ?
La mémoire immunitaire de l’organisme a disparu avec la greffe. Il faut donc la reconstituer notamment avec des vaccins.
Mon médecin me propose de participer à un protocole de recherche clinique, de quoi s'agit-il ?
Les mécanismes de l'effet anti-leucémique des lymphocytes allogéniques restent à ce jour incomplètement élucidés, mais leurs résultats très prometteurs ont entraîné beaucoup d'espoir dans les équipes de greffe. C’est pourquoi les essais cliniques sont importants pour améliorer l’efficacité des soins.
Pour en savoir plus : Livret d’information et d’aide à la décision à l’usage des patients
à télécharger sur : http://sfgm-tc.com/infopatientlivret.html
ou sur simple demande à
Association TOM pouce pousse… LA MOELLE
40bis Grande rue
27650 Mesnil-sur-l’Estrée
tompoucepousselamoelle@gmail.com